samedi 9 juin 2012

Baby blues ou dépression postnatale ?

Ca fait deux ou trois jours que Bébé est né et tout allait bien dans le meilleur des mondes mais voilà ce matin ou cet après-midi une pluie de larmes perle de vos yeux sans que vous sachiez pourquoi.

Il suffit parfois d’une parole que vous ayez mal prise ou un compliment qui vous touche tellement que vous en pleurez.

A ce moment là on pleure pour rien. Parce que votre bébé vous a arrosée pendant que vous le changiez ou alors c’est la troisième couche que vous lui mettez et dès que vous posez ses petites fesses sur le lange tout propre, comme s’il le faisait exprès pour vous embêter, il resalit sa couche et vous avez l’impression de mal faire avec votre nouveau-né, d’être tout à fait inefficace. Ou alors il suffit que l’infirmière ouvre la porte de votre chambre pour que vos larmes redoublent de plus belle...
Des exemples du style il y en a plein.

Il est important que vous sachiez que cette baisse de moral est tout à fait normale et que la plupart des nouvelles accouchées ressentent la même chose que vous.

Ce changement est tout d’abord dû à une chute des hormones de grossesse.
Cet état de découragement est accentué aussi par la fatigue accumulée durant les derniers mois de la grossesse et la fatigue due à l’effort de l’accouchement. La naissance provoque aussi chez la maman des changements au point de vue psychologique. Elle doit très vite s'adapter à ce bébé, le comprendre et faire face à ses nouvelles responsabilité de mère.
Les visites parfois soutenues durant les premiers jours de votre séjour à la maternité (parce que la famille ou les amis sont impatients de découvrir votre trésor) sont source de grande fatigue pour vous mais aussi pour votre bébé qui, une fois tout le monde parti, va se manifester pour être rassuré et pleure parfois beaucoup pour relâcher toute la tension qu’il a en lui….ce qui ne vous permet pas de vous reposer. Cet état s’accompagne aussi de l’impression que l’on fait tout de travers (sentiment qu’on n’est pas une bonne mère).

Rassurez-vous, ce baby blues est sans gravité pour vous et votre bébé et doit disparaître assez vite (quelques heures ou quelques jours pas plus)

Si cet état devait perdurer dans le temps, on parlera alors de dépression du post-partum.
Mais cette dépression peut apparaître bien après la naissance et le retour à la maison. Elle peut débuter après plusieurs mois sans que rien auparavant ne puisse nous mettre la puce à l’oreille.

Quels sont les signes de la dépression post-natale ?

Comme pour le baby blues on retrouve cette pluie de larmes accompagnée de signes plus accentués de grande lassitude ou forte fatigue avec un sentiment de découragement et l’impression de ne pas pouvoir faire face à nos responsabilités de maman.

La dépression postnatale sera aussi accompagnée d’un manque d’intérêt pour prendre soin de soi et de son bébé avec parfois des sentiments négatifs pour celui-ci. Et une forte diminution de l’estime de soi avec l’impression d’être toujours débordée, incompétente, mal jugée et pas aimée. Il peut y avoir une perte d’intérêt pour tout ce que vous aimiez avant la naissance, des troubles du sommeil… soit vous dormez tout le temps (le sommeil peut être un refuge pour ne pas être confrontée à la réalité) ou au contraire vous souffrez d’insomnies à cause de tout ce qui vous tracasse et vous trotte en tête.
Pour certaines, des idées suicidaires peuvent parfois les obséder.

Il existe une autre sorte de dépression dont les mamans peuvent être atteinte c'est la « psychose puerpérale».
Elle peut débuter à n’importe quel moment à partir de la deuxième ou troisième semaine qui suivent la naissance et ce jusqu’à six mois voire un an après celle-ci.
La maman présente alors un état d’agitation physique ou psychique ou au contraire un état de mélancolie profonde. Elle peut avoir des idées délirantes, des hallucinations ou entendre des voix qui lui envoient des messages négatifs comme par exemple faire du mal à son bébé et pouvant aller jusqu’à recevoir l’ordre de le tuer… Elle peut avoir une grande difficulté à s’occuper de son enfant au point de s’en détourner complètement. Elle peut être confuse et distraite mettant parfois son bébé en danger sans se rendre compte de ce qu’il pourrait subir.

Il existe certaines prédispositions à faire une dépression postnatale

Les femmes isolées (pas de conjoint ou peu de famille autour d’elle) pourraient être plus sensibles à la dépression postnatale. Il en va de même pour celles qui ont des problèmes de couple.
Des soucis pendant la grossesse que ce soit une maladie, des angoisses au sujet de la bonne santé de votre futur bébé, la peur de l’accouchement, la peur d’une fausse couche ou tout simplement peur que la grossesse se termine mal.

Un accouchement difficile, un bébé prématuré, ce qui demande souvent une séparation de la mère et son nouveau-né qui a besoin d’être pris en charge dans un service spécifique de néonatalogie.

Si vous avez déjà fait une dépression postnatale lors d'un précédent accouchement il se peut que vous en fassiez une nouvelle mais ceci n’est pas automatique. De toute façon vous serez suivie par votre médecin qui fera chez vous encore plus attention aux signes avant-coureurs que vous pourriez présenter pendant votre grossesse.
La possibilité de faire une dépression post-natale peut aussi être augmentée si la grossesse n’était pas voulue ou si elle arrive après un avortement.

Les conséquences de ce passage à vide

Comme dit plus haut il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour les conséquences du simple baby blues sur votre bébé. Expliquez-lui simplement que vous êtes très fatiguée mais que ça va passer. Si vous pleurez ce n’est pas de sa faute et que vous l’aimez très fort.

Par contre si votre état de fatigue, de découragement devait perdurer dans le temps, votre relation avec votre enfant pourrait être quelque peu perturbée. Tout simplement parce que vous n’arrivez plus à faire face à toutes les tâches que vous devez accomplir.

Vous avez l’impression de ne pas répondre aux besoins de votre enfant qui lui sent très vite votre état anxieux (les bébés et les enfants sont de véritables éponges, ils ont la grande capacité de percevoir ou ressentir beaucoup de choses même si on essaye de ne pas leur montrer) ce qui peut se traduire chez lui par un état d’hyper irritabilité. On a alors face à soi un bébé jamais satisfait, difficilement consolable et ses pleurs nous confortent dans notre sentiment d’être une mauvaise mère, de ne pas savoir comprendre notre enfant ni lui donner ce qu’il demande.

Que faire ?

Sachez entendre peut-être le message de ces larmes qui doivent vous rappeler tout de même votre état de fatigue à ne pas négliger, vous ne devez pas être absolument une superwoman.
Vous vous êtes ménagée pendant la grossesse faites-le encore pendant les premiers mois de votre bébé.
A l’époque nos mamans restaient à la maternité environ une semaine avec souvent de l’aide pour les seconder à la maison, maintenant les mamans rentrent chez elle au troisième jour (jour où peut débuter le baby blues) en ayant tout à assumer.
Osez être vous avec votre faiblesse momentanée, ne dissimulez pas vos doutes, votre fatigue aux yeux des autres, ça ne vous rendra pas service.
Osez en parler, car si vous gardez ce sentiment de découragement pour vous toute seule personne ne saura que vous avez besoin d’aide. Dès le début de cette période où vous vous sentez fatiguée et découragée, tournez vous vers les personnes proches de vous, si vous en avez, et qui sont prêtes à vous donner un coup de main.

Il est vrai que l’on n’a pas toujours envie d’avouer ou de reconnaître qu’on n’y arrive pas, qu’on se sent tout à fait débordée… On n’a pas envie d’être jugée par le regard des autres. Pourtant vous n’êtes pas la seule à éprouver ce sentiment de découragement, ce passage à vide ne remet pas en cause vos qualités de mère.

Si vous ne voulez pas en parler autour de vous, ce qui vous appartient tout à fait, osez vous tourner vers des professionnels spécialisés qui vous guideront dans cette épreuve.
Vous pouvez déjà en parler à votre gynécologue ou votre accoucheuse.
Sinon si vous bénéficiez de la visite chez vous d’une infirmière de l’ONE c’est l’occasion d’en toucher un mot avec elle. Elle pourra également vous rassurer ou vous indiquer des personnes qualifiées pour vous donner un coup de main comme des psychologues.

Permettez moi de citer ici Samanta Widart une psychologue fort sensibilisée dans la prise en charge de la dépression postnatale. Je l'ai découverte lors d'une émission de radio sur vivacité "La vie du bon côté"
Il existe des centres spécialisés pour la prise en charge de la maman et son bébé.

Par aileurs, il existe aussi des unités où, lorsqu'une hospitalisation s'avérerait nécessaire, la structure peut prendre en charge la maman et son bébé:

Unité mère-enfant de la Ramée
Centrum moeder en baby

Je pense qu’il est important de sortir de l’isolement dans lequel on s’enferme quand on ne se sent pas à la hauteur face aux autres. N’ayez pas peur d’en sortir car on a toutes d’une façon ou d’une autre des passages à vide et la meilleure façon de sortir de ce cercle infernal est d’aller frapper aux bonnes portes pour trouver de l’aide.

Moi je vous propose une petite porte de sortie par le biais du forum où vous pouvez déposer tout ce qui vous encombre ou poser les questions qui vous viennent.
Mon envie est de vous proposer une écoute sans jugement ni critiques. Vous permettre de raconter tout ce dont vous avez envie de partager, que ce soit les bons moments comme les plus difficiles.
Rejoignez le groupe sur Facebook  Rêves de naissance oui mais après...

Y-a-t-il des moyens de prévention ?

Oui notre société actuelle a le grand avantage que le bien-être de la personne est quelque chose qui est devenu une évidence et donc la prise en charge de la future maman n’est plus seulement faite au niveau purement médical mais son bien-être psychique est aussi pris en compte.
Ainsi l'accueil de la future maman en salle d'accouchement ou salle de travail se fait plus dans le respect de celle-ci avec l'écoute de ses besoins ou attentes vis à vis de son accouchement. De même pour l'accueil du nouveau-né dans la mesure du possible on favorise une ambiance zen et un contact immédiat avec la maman et une première tétée dès la naissance si vous avez décidé d'allaiter votre bébé. Ceci afin de favoriser le lien d'attachement mère-enfant.


Avant la naissance vous pouvez assister à des séances d’informations sur la grossesse, l’accouchement ou ce qui va se passer lors de votre retour à domicile.

Les maternités organisent toutes des séances d’informations sur l’accouchement avec parfois la possibilité de visiter les salles d’accouchement ce qui permet aux futurs parents de déjà visualiser l’endroit où ils seront reçus pour accueillir leur nouveau-né et ainsi diminuer un peu leur stress qui pourrait être augmenté par le fait d’arriver dans un lieu tout à fait inconnu. Vous pouvez également trouver des séances d’information sur l’allaitement, celles-ci permettent déjà d’enregistrer des informations très précieuses pour les premiers jours.

Les consultations avec votre gynécologue ou votre accoucheuse sont des moments où vous pouvez parler de vos inquiétudes et vos peurs de l’accouchement. Obtenir également des conseils judicieux pour soigner votre petit.

Les séances de préparation à l’accouchement souvent données en groupe sont l’occasion de rencontrer d’autres parents et de pouvoir discuter avec eux.

Il existe aussi des services de soutien proposés par des accoucheuses, des psychologues, des Doulas …

Merci au Docteur Mendelbaum et à Samantha Widart d'avoir pris de leur temps pour lire cet article et proposer les ajustements qu'il se doit.

Les sources qui m'ont aidée à écrire cet article
http://www.univ-rouen.fr
http://www.psychonet.fr

Les livres
La grossesse de la conception à la naissance Pr René Frydman
La dépression post-natale Elaine A. Hanzak

Une association
Maman blues (France)

Pour en discuter, rejoignez-nous sur le le groupe Rêves de naissance, oui mais après... où vous pourrez poster votre message

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